{"id":9827,"date":"2023-10-12T16:57:49","date_gmt":"2023-10-12T14:57:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/?post_type=isir_news&#038;p=9827"},"modified":"2023-10-12T16:58:45","modified_gmt":"2023-10-12T14:58:45","slug":"pepr-ensemble-transformer-les-outils-collaboratifs-du-numerique-2","status":"publish","type":"isir_news","link":"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/actualites\/pepr-ensemble-transformer-les-outils-collaboratifs-du-numerique-2\/","title":{"rendered":"PEPR eNSEMBLE : TRANSFORMER LES OUTILS COLLABORATIFS DU NUM\u00c9RIQUE"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Source : <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.cnrs.fr\/fr\/cnrsinfo\/pepr-ensemble-transformer-les-outils-collaboratifs-du-numerique\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.cnrs.fr\/fr\/cnrsinfo\/pepr-ensemble-transformer-les-outils-collaboratifs-du-numerique\" target=\"_blank\">CNRS Info<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le programme et \u00e9quipements prioritaires de recherche (PEPR) exploratoire eNSEMBLE \u2013 pilot\u00e9 par le CNRS, Inria, l\u2019Universit\u00e9 Grenoble Alpes et l\u2019Universit\u00e9 Paris-Saclay \u2013 a pour objectif de red\u00e9finir en profondeur les outils num\u00e9riques pour la collaboration. Dot\u00e9 d\u2019un budget de 38,25 millions d\u2019euros sur 8 ans, il souhaite ainsi d\u00e9finir de nouveaux espaces de collaboration faciles d\u2019usage, ouverts et interop\u00e9rables. Entretien avec Gilles Bailly, chercheur \u00e0 l&rsquo;ISIR et directeur du programme pour le CNRS.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le PEPR eNSEMBLE \u2013 que vous coordonnez avec St\u00e9phane Huot (pour Inria), Laurence Nigay (pour l\u2019Universit\u00e9 Grenoble Alpes) et Michel Beaudouin-Lafon (pour l\u2019Universit\u00e9 Paris-Saclay) \u2013 vise \u00e0 transformer les outils num\u00e9riques collaboratifs tels que nous les connaissons. Quelles sont les limites des mod\u00e8les actuels&nbsp;?<\/strong><br><strong>Gilles Bailly<\/strong><sup>1<\/sup><strong>&nbsp;<\/strong>: Plusieurs grands d\u00e9fis de notre soci\u00e9t\u00e9, tels que la transition \u00e9cologique, la politique participative ou encore l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information, vont demander de collaborer \u00e0 une vitesse et \u00e0 une \u00e9chelle sans pr\u00e9c\u00e9dent. De plus, les outils que nous utilisons&nbsp;\u2013&nbsp;mails, r\u00e9seaux sociaux, visioconf\u00e9rence, partage de documents, etc.&nbsp;\u2013&nbsp;font que nous sommes tous, de pr\u00e8s ou de loin, en contact avec des outils de collaboration. Pendant la pand\u00e9mie du COVID-19, ces outils ont d\u00e9montr\u00e9 leur utilit\u00e9 au travail, pour l\u2019\u00e9ducation et les loisirs. Ils assurent des connexions sociales et pourraient contribuer \u00e0 r\u00e9duire notre empreinte carbone.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutefois, ces outils pr\u00e9sentent aussi des d\u00e9fauts. Ils n\u2019augmentent pas toujours la productivit\u00e9 ou la cr\u00e9ativit\u00e9. Ils posent des probl\u00e8mes d\u2019ouverture, d\u2019int\u00e9gration et d\u2019interop\u00e9rabilit\u00e9. Sur ce dernier point, on peut faire un parall\u00e8le avec les communications t\u00e9l\u00e9phoniques&nbsp;: il nous est possible de joindre n\u2019importe quel autre t\u00e9l\u00e9phone ind\u00e9pendamment de la marque de celui-ci ou de notre op\u00e9rateur. Or, pour r\u00e9aliser une visioconf\u00e9rence, les deux utilisateurs doivent utiliser le m\u00eame logiciel. Ils ne choisissent donc pas vraiment leurs outils de collaboration. Ce probl\u00e8me d\u2019interop\u00e9rabilit\u00e9 donne les pleins pouvoirs \u00e0 quelques entreprises et freine le d\u00e9veloppement et l\u2019int\u00e9gration de solutions innovantes autour de la collaboration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quels sont les enjeux auxquels va r\u00e9pondre le PEPR&nbsp;?<\/strong><br><strong>G. B<\/strong>&nbsp;: L\u2019enjeu principal est de fournir aux utilisateurs des outils de collaboration robustes, faciles d\u2019utilisation, ouverts et interop\u00e9rables. Pour cela, nous avons d\u00e9clin\u00e9 cinq enjeux. Premi\u00e8rement, ces outils doivent faciliter les usages dans l\u2019espace de collaboration avec des utilisateurs \u00e0 proximit\u00e9 ou distants et ce quels que soient le profil des utilisateurs et les \u00e9quipements \u00e0 leur disposition. Deuxi\u00e8mement, ils doivent faciliter les usages dans le temps. En effet, certains projets peuvent durer des ann\u00e9es, comme ceux d\u2019urbanisme ou les actions sur la transition \u00e9cologique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Troisi\u00e8mement, ces solutions doivent permettre \u00e0 des centaines, voire des milliers de personnes de collaborer, contre quelques-unes aujourd\u2019hui. Quatri\u00e8mement, les outils vis\u00e9s doivent faciliter la coop\u00e9ration entre l\u2019intelligence humaine et celle de la machine (intelligence artificielle). Face au r\u00f4le croissant de l\u2019IA dans les syst\u00e8mes informatiques, il faut s\u2019assurer que l\u2019humain reste au centre des processus de d\u00e9cision et de collaboration. L\u2019objectif ici est d\u2019augmenter l\u2019intelligence humaine et non de la remplacer par de l\u2019IA. Un dernier enjeu,&nbsp;transverse au programme, porte sur l\u2019\u00e9valuation, l\u2019\u00e9thique et la r\u00e9gulation des outils de collaboration. Il est important de sp\u00e9cifier des normes sociotechniques qui permettront d\u2019aboutir \u00e0 des standards et de mettre en place des cadres juridiques et r\u00e9glementaires. L\u2019objectif est de r\u00e9guler ces technologies en parall\u00e8le de leurs d\u00e9veloppements.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le PEPR<\/strong><sup>2<\/sup>&nbsp;d\u00e9veloppera donc des th\u00e9ories pour comprendre la collaboration via le num\u00e9rique \u2013 notamment gr\u00e2ce \u00e0 des observatoires \u2013 et produira des principes, des outils et des guides afin d\u2019aider \u00e0 la conception et \u00e0 l\u2019\u00e9valuation de nouveaux syst\u00e8mes collaboratifs. Nous r\u00e9aliserons \u00e9galement des briques logicielles g\u00e9n\u00e9riques r\u00e9utilisables et de nouveaux standards.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quelle est la strat\u00e9gie du PEPR pour r\u00e9pondre \u00e0 ces enjeux et comment se distingue-t-elle d\u2019autres projets sur le sujet&nbsp;?<\/strong><br><strong>G. B<\/strong>&nbsp;: Ce PEPR r\u00e9unit les communaut\u00e9s de l\u2019interaction humain-machine, du design, de l\u2019informatique, de l\u2019intelligence artificielle, des sciences humaines et sociales, des sciences cognitives, du droit et de l\u2019\u00e9conomie. Cette multidisciplinarit\u00e9 nous permet d\u2019initier un changement de paradigme de l\u2019informatique personnelle vers l\u2019informatique collaborative. Nous proposons ainsi de revisiter de mani\u00e8re fondamentale les services num\u00e9riques en les centrant d\u00e9sormais sur la collaboration et non plus sur l\u2019individu. Autrement dit, la collaboration doit \u00eatre une fonction native des syst\u00e8mes num\u00e9riques \u00e0 tous les niveaux de la pile de services&nbsp;: les syst\u00e8mes d\u2019exploitation, les applications et les interfaces.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette approche est novatrice, car les acteurs du num\u00e9rique ont plut\u00f4t tendance \u00e0 vouloir reproduire le monde physique. C\u2019est, par exemple, l\u2019ambition du m\u00e9tavers. Cette vision de copie virtuelle est limit\u00e9e puisqu\u2019elle n\u2019exploite pas toutes les capacit\u00e9s du num\u00e9rique. Ces solutions s\u2019appuient beaucoup sur l\u2019usage de casques de r\u00e9alit\u00e9 virtuelle. Pour nous, ces derniers ne sont qu\u2019un moyen d\u2019acc\u00e8s \u00e0 des services, au m\u00eame titre qu\u2019un smartphone ou un ordinateur. L\u2019utilisateur doit avoir acc\u00e8s aux services de son choix et interagir avec les autres, ind\u00e9pendamment des technologies utilis\u00e9es. Enfin, notre projet se distingue en s\u2019appuyant sur les valeurs europ\u00e9ennes&nbsp;de libert\u00e9 et de dignit\u00e9 de l\u2019individu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pourquoi est-ce important de combiner le d\u00e9veloppement de briques logicielles et la mise en place de standards&nbsp;?<\/strong><br><strong>G. B<\/strong>&nbsp;: Une fa\u00e7on de se repr\u00e9senter les enjeux de r\u00e9gulation est de faire un parall\u00e8le avec Internet. Celui-ci dispose du World Wide Web Consortium <strong>(W3C<\/strong>)<sup>3<\/sup>&nbsp;qui d\u00e9veloppe des standards afin qu\u2019Internet soit accessible \u00e0 tous, ind\u00e9pendamment du navigateur utilis\u00e9. Nous voulons construire le m\u00eame type de consortium pour la collaboration. Il d\u00e9finira des standards afin que chacun puisse construire et adapter ses outils en suivant des r\u00e8gles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Donc, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, proposer des briques logicielles g\u00e9n\u00e9riques et r\u00e9utilisables soutiendra l\u2019innovation et la cr\u00e9ation d\u2019outils adapt\u00e9s aux besoins et aux contextes d&rsquo;usage. De l\u2019autre, le d\u00e9veloppement de standards va redistribuer les cartes et sera un levier pour, \u00e0 terme, on l\u2019esp\u00e8re, venir contrebalancer la puissance des GAFAM sur les outils collaboratifs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quelles seront les retomb\u00e9es pour la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise&nbsp;?<\/strong><br><strong>G. B<\/strong>&nbsp;: Les briques logicielles produites par le PEPR permettront \u00e0 des utilisateurs ou \u00e0 des entreprises de construire de nouveaux outils collaboratifs ou de les adapter \u00e0 leurs besoins ou pr\u00e9f\u00e9rences. Les applications sont multiples&nbsp;: \u00e9ducation, sant\u00e9, loisirs, vie citoyenne, etc. La premi\u00e8re phase du PEPR sera d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019identification de cas d\u2019usages potentiels. Nous avons d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu de d\u00e9velopper des d\u00e9monstrateurs sur les aspects d\u2019interop\u00e9rabilit\u00e9 entre services de communication et de partage de documents. Autrement dit, produire des briques qui permettront \u00e0 des utilisateurs de collaborer avec des dispositifs et des logiciels diff\u00e9rents. Un autre d\u00e9monstrateur vise \u00e0 permettre \u00e0 des utilisateurs (parfois novices) d\u2019utiliser et de configurer des agents intelligents pour les assister dans des t\u00e2ches vari\u00e9es. Et ce en prenant garde \u00e0 ce que les utilisateurs gardent le contr\u00f4le sur ces outils sur le court et le long terme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par ailleurs, l\u2019implication de deux universit\u00e9s parmi les porteurs de ce PEPR fait qu\u2019il jouera un r\u00f4le essentiel en formation (cr\u00e9ation d\u2019un master d\u00e9di\u00e9, bourses doctorales, etc.) et en sensibilisation des prochaines g\u00e9n\u00e9rations sur les dangers et les risques de la collaboration m\u00e9diatis\u00e9e. Plus largement, ce PEPR permettra \u00e0 la France de recouvrer sa souverainet\u00e9 num\u00e9rique \u00e0 l\u2019aide d\u2019outils plus en phase avec ses valeurs.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h4>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Chercheur en interaction humain-machine \u00e0 l\u2019Institut des Syst\u00e8mes Intelligents et de Robotique (CNRS\/Sorbonne Universit\u00e9).<\/li>\n\n\n\n<li>Les programmes et \u00e9quipements prioritaires de recherche (PEPR) visent \u00e0 construire ou consolider un leadership fran\u00e7ais dans des domaines scientifiques li\u00e9s \u00e0 une transformation technologique, \u00e9conomique, soci\u00e9tale, sanitaire ou environnementale et consid\u00e9r\u00e9s comme prioritaires au niveau national ou europ\u00e9en.<\/li>\n\n\n\n<li>Le W3C est un organisme de standardisation \u00e0 but non lucratif fond\u00e9 en 1994 et charg\u00e9 de promouvoir la compatibilit\u00e9 des technologies du web.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Contact scientifique \u00e0 l&rsquo;ISIR : <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/personnel\/gbailly\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/personnel\/gbailly\/\" target=\"_blank\">Gilles Bailly<\/a><\/strong>, directeur de recherche CNRS<\/p>\n","protected":false},"featured_media":9822,"template":"","isir_news_categories":[240],"class_list":["post-9827","isir_news","type-isir_news","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","isir_news_categories-recherche"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/wp-json\/wp\/v2\/isir_news\/9827","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/wp-json\/wp\/v2\/isir_news"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/isir_news"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9822"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9827"}],"wp:term":[{"taxonomy":"isir_news_categories","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.isir.upmc.fr\/wp-json\/wp\/v2\/isir_news_categories?post=9827"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}