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Profil

PLAZA Monique
Titre : Chargé de Recherche
Adresse : 4 place Jussieu, CC 173, 75252 Paris cedex 05
Téléphone : +33 (0) 1 44 27
Email : plaza(at)isir.upmc.fr
Equipe : INTERACTION (INTERACTION)

Chargée de Recherches en Psychologie au CNRS

Habilitée à Diriger des Recherches

Attachée de consultations neuropsychologiques

 

Je mène des recherches sur le développement des processus plurimodaux cognitifs et émotionnels chez l’enfant et l’adulte, et sur leurs dysfonctionnements dans des pathologies développementales (troubles du langage oral et écrit), neurologiques (tumeurs cérébrales gliales) et psychiatriques (TED et TED-NOS).

Engagée dans une démarche pluridisciplinaire (avec des neurochirurgiens, des psychiatres, et des chercheurs en ingénierie et robotique), je me réfère à des modèles intégratifs du fonctionnement cognitif et cérébral qui mettent l’accent sur les processus de plasticité et de connectivité, conçoivent des interfaces entre cognition et émotion, et s’intéressent aux applications cliniques (évaluation diagnostique) et thérapeutiques des avancées théoriques. 

Du point de vue méthodologique, j’utilise des protocoles expérimentaux permettant le recueil comportemental de certaines activités plurimodales, notamment visuelles et verbales: dénomination d’images et définition de mots ; reconnaissance de parties d’objets ou de mots, appariement intermodal mot/image ; apprentissage de stimuli  visuels, sonores et visuels/sonores, figuratifs et abstraits ; reconnaissance d’émotions visuelles, auditives, et visuelles/auditives ; double tâche d’écoute d’une histoire et de traitement de stimuli visuels. La collaboration avec l’ISIR, Laboratoire que j’ai rejoint récemment, nous permet désormais d’utiliser des algorithmes d’analyse automatique du signal de parole, notamment de la prosodie.

Si mes recherches portent sur des groupes de patients comparés à des sujets témoins, elles accordent une grande place aux variations interindividuelles, particulièrement influentes en pathologie.   De ce fait, toutes les études de groupe sont complétées (et relativisées) par des études individuelles. L’étude de la pathologie ne peut pas être autre que différentialiste, tenant compte pour chaque patient de variables spécifiques.

- Chez les individus porteurs de tumeurs cérébrales gliales, la localisation et la latéralisation de la lésion, son type histologique, son volume, les traitements reçus par le patient, viennent s’ajouter à l’âge, au genre, au niveau d’études. D’un point de vue théorique,  cependant, il est à noter que ces tumeurs d’évolution lente, permettant au cerveau de compenser les effets de l’infiltration tumorale par la plasticité et la connectivité, mettent en cause les modèles localisationnistes  qui ont très longtemps prévalu en neurologie. Il est en effet possible de réséquer des zones cérébrales entières sans occasionner de dommages importants, le cerveau ayant recruté des zones adjacentes pour exercer les fonctions déplacées par l’infiltration. Afin d’approfondir et d’affiner ce modèle, nous avons commencé à comparer les capacités émotionnelles et cognitives de patients atteints de gliomes versus d’accident vasculaires cérébraux. La temporalité de l’atteinte cérébrale permet en effet dans le cas des gliomes une altération progressive laissant place aux processus compensatoires, alors qu’elle est plus rapide et plus délétère dans le cas des AVC.

- Chez les enfants TED-NOS (catégorie diagnostique particulièrement hétérogène), les profils singuliers doivent tenir compte, au-delà des symptômes psychopathologiques communs, des capacités cognitives des  enfants, de l’anamnèse, de l’environnement familial, du type de scolarité et des traitements dont l’enfant a bénéficié.

 

L’objectif principal de ces recherches sur les pathologies est de mettre en évidence des marqueurs diagnostiques différentiels.

- Dans le groupe TED-NOS, que nous avons comparé à trois groupes (dysphasique, autiste et témoin),   nous avons montré l’existence de marqueurs langagiers différentiels au niveau de l’expression syntaxique, des capacités pragmatiques et de l’intonation. Au niveau émotionnel, nous avons observé que le groupe TED-NOS traitait correctement les stimuli humains neutres, était en difficulté pour les stimuli émotionnels, notamment ceux afférents aux émotions négatives (surtout la peur), et utilisait le canal intermodal pour compenser les déficits d’ordre unimodal.  

- Chez les patients atteints de gliomes, nous avons montré que s’il existait de  bonnes compétences de traitement intermodal visuel et verbal de stimuli cognitifs abstraits et figuratifs, et de stimuli émotionnels, en revanche les tâches d’accès au lexique (quelle que soit la voie d’accès) et la double tâche requérant une attention conjointe étaient déficitaires chez quasiment tous les patients.

 

Enseignement

J’encadre des étudiants en Orthophonie, en Master 2 de Neuropsychologie et des doctorants en psychologie. Quatre étudiants ont soutenu leur thèse ces trois dernières années, deux sont en cours, et une étudiante vient de s’inscrire.