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AMÉLIORER LES FONCTIONS SOCIALES CHEZ LES PERSONNES ATTEINTES DE SCHIZOPHRÉNIE

Category: Événement

La schizophrénie, qui touche environ 1% de la population mondiale, est caractérisée par des troubles cognitifs et une perte de contact avec la réalité (par exemple, délires hallucinatoires, perte d’émotions, retrait social). Le retrait social est l’un des facteurs les plus néfastes pouvant accroître les troubles psychiatriques. Se mettre « à la place de quelqu’un d’autre » décrit la capacité à adopter une perspective autre que la sienne. Cette capacité est essentielle pour pouvoir interagir efficacement avec les autres. Cette prise de perspective implique non seulement un raisonnement au niveau social (comme comprendre les pensées, désirs ou intentions de quelqu’un) mais aussi au niveau spatial (par exemple, l’objet qui est à ma droite est pour quelqu’un d’autre à sa gauche). 

Les perspectives sociales et spatiales ont majoritairement été étudiées séparément, cependant, des théories émergentes suggèrent que les deux partagent des mécanismes neuraux communs. Des études récentes conduites à l’ISIR ont montré un lien entre perspectives spatiales et sociales pour la population adulte neurotypique. En particulier, il a été montré que la capacité spatiale à se décentrer, c’est-à-dire à adopter un point de vue spatial autre que le sien, est liée à l’intelligence sociale et au style d’attachement.  

Dans les chaussures d’un autre : Améliorer la prise de perspective sociale grâce à la flexibilité spatiale chez les patients schizophrènes

Le projet « Dans les chaussures d’un autre : Améliorer la prise de perspective sociale grâce à la flexibilité spatiale chez les patients schizophrènes » porté par Malika Auvray, chercheuse CNRS en neurosciences cognitives à l’ISIR, a pour objectif d’ouvrir la voie à des recherches visant à l’amélioration des difficultés sociales, fréquentes chez les patients schizophrènes. 

“Dans ce projet, nous espérons démontrer la possibilité d’améliorer les prises de perspectives sociales en entraînant à la flexibilité dans les prises de perspectives spatiales”, explique Malika. 

En effet, une amélioration des capacités sociales par une amélioration des capacités spatiales pourra servir de facteur de protection contre l’impact psychosocial négatif de l’isolement. Ce projet vise à montrer dans quelle mesure des améliorations du fonctionnement social sont possibles en ciblant la flexibilité de la prise de perspective spatiale. Les résultats permettront de caractériser les processus cognitifs qu’il est le plus important de cibler pour améliorer les déficits sociaux dans la schizophrénie. 

“Pour les années à venir, nous espérons que ce projet constituera la pierre angulaire d’un projet de recherche plus vaste visant une étude systématique des liens causaux entre cognition spatiale et cognition sociale. Nous visons à étendre ces travaux à l’ensemble des personnes souffrant de déficits de la cognition sociale”.

Ultérieurement, les résultats de ce projet pourraient permettre des spécifications pour la conception d’outils de remédiation qui utilisent la capacité du cerveau à s’adapter à la perspective d’autrui, un processus crucial pour des interactions sociales saines. La méthodologie pourra être appliquée dans les recherches futures à d’autres psychopathologies caractérisées par des déficits de la cognition sociale comme les troubles du spectre autistique et les troubles de la personnalité. 

Un concert au profit de la recherche sur la schizophrénie

Le projet est conjointement soutenu par l’UNAFAM, la Girafe Lyrique et la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau

La Girafe Lyrique est une association regroupant des passionnés du chant choral et des relations humaines. Elle organise tous les 2 ans un grand évènement, « Venite Cantemus », qui rassemble à Paris plusieurs centaines de choristes venus de France, d’Europe et de plus loin encore, pour chanter au profit de la recherche sur les troubles psychiques. 

Cette année le concert « Venite Cantemus » aura lieu le dimanche 14 novembre au Théâtre du Châtelet à Paris, avec le chant Le Messie de Haendel. Les bénéfices du concert seront entièrement reversés au projet de recherche sur la schizophrénie porté par Malika Auvray. 

Lien vers le site du concert « Venite Cantemus » : https://www.venitecantemus.com


Contact référent : Malika Auvray, chargée de recherche CNRS